PEINTURE - SCULPTURE - INSTALLATIONS - ARTS MODERNE
Par Marc Lesnay le dimanche 6 avril 2008, 09:39 - ARTS CONTEMPORAINS - Lien permanent
LES RAISONS DE LA RAISON
« L’ART EST CE QUI REND LA VIE PLUS BELLE QUE LA VIE » (Anonyme)
C’est avec cet esprit que la Fondation veut vous entraîner dans un monde subliminale, celui de l’ART, qui bien que réel et quotidien pour les initiés, n’est que rarement perçu tel quel, par la grande majorité des hommes modernes.
L’art n’est pas réservé aux élites, n’est pas de la décoration, n’est pas, dans son essence première, un marché lucratif. Il n’a pas à être beau ou laid, il n’a juste qu’à être, puisqu’il est expression totale de la pensée et du ressentir des êtres humain au quotidien depuis le début des temps.
Autrefois, rois et mécènes sollicitaient les artistes et l’art accompagnait la vie. François 1er fit venir en France quelques-uns des plus grands artistes de la Renaissance, de Venise, de Florence, de toute l’Italie, pour que l’art s’inscrive dans la cité, dans le quotidien de nos existences.
Réservée aux élites, la compréhension de l’art reste, pour longtemps, peu accessible à l’homme moyen. L’avènement du XIXème siècle et de sa révolution artistique, en parallèle avec l’évolution industrielle et scientifique, nous a apporté, avec en plus aujourd’hui l’outil Internet, la possibilité d’accéder à toutes les connaissances. Dès lors, le développement de la machine, et donc, la réduction graduelle du temps de travail, nous permettent d’imaginer des activités tournées de plus en plus vers la création artistique et de loisir, qu’elles soient bénévoles, comme ici, ou professionnelles dans la vie active.
Dans ce mouvement ancré résolument dans la modernité et anticipant un futur qui devient chaque jour l’actualité, La Fondation Culturelle Marc Lesnay A.C. fait un pas de plus vers l’homme afin de l’entraîner dans le plaisir du langage et de l’expression artistique : le langage de l’Âme. D’où cette création d’un pôle d’art dépouillé de toute sophistication, afin de donner l’envie d’aller plus loin… et de s’y rendre.
Avec ce concept, au cours des mois et des année à venir, les membres viendront chercher ici, avec nous, peu à peu, pour les redonner aux autres, quelques clés de ces chemins de l’Art, tellement riches en plaisirs intérieurs, en se plongeant dans l’intimité des œuvres, différentes, mois après mois, présentées par Marc Lesnay, metteur en Art, et ses « complices » artistes, qui vous entraînera ainsi, à chaque fois, dans le monde de la vie sublimée, avec aide et coopération de chacun, vers une vie différente, dans laquelle le langage de l’âme deviendra aussi important que le langage humain.
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L’ART ABSTRAIT
Par Marc Lesnay
Peut-on parler réellement d’abstraction, si on accepte le fait que l’existence ne soit pas qu’apparence extérieure, mais aussi « ressentis » intérieurs intenses ? La vie incombe la fusion de l’âme et de la matière pour engendrer des sensations des plus improbables. Les surprises de la vie créent alors, entre autres sensations, le bonheur. Le hasard donne un ordre aux choses et le mouvement devient le Merveilleux…
Notre vie, souvent trop matérialiste, ne nous permet que rarement de nous évader au sein même de notre conscience. Ne devrions-nous pas laisser plus souvent notre esprit vagabonder ? Ne pourrions-nous pas nous détacher de temps en temps du contour des choses ? Pourquoi toujours chercher à matérialiser ses impressions ?
L’art abstrait nous permet de répondre à ces questions. Il est le trait d’union entre notre conscience et la compréhension de nos sensations. C’est le langage de l’âme.
Il est inconcevable de ne pas s’imbiber d’intenses impressions devant un tableau de maître classique. L’art classique nous entraîne vers l’appréhension des sentiments terrestres, parce qu’il nous raconte une histoire humaine qui nous touche. L’art abstrait veut au contraire nous détacher de ce lien extérieur avec le ressenti humain. L’art abstrait nous fait plonger au cœur même de l’âme qui nous habite. Il nous permet de ne pas être attachés au contour ou à la couleur des choses. Il nous permet la découverte de notre véritable « soi-même », de notre essence, nous ouvrant la porte de notre « moi ». Devant une œuvre d’art abstrait, la notion de temps ne doit plus exister. Prendre son temps, laisser son esprit vagabonder au sein de l’œuvre, ne pas essayer de matérialiser ses impressions ou de rechercher des représentations aux formes visitées par l’œil. Il faut se déconnecter du réel, essayer de ressentir, de se détacher, de se libérer et puis… s’envoler au sein de l’œuvre ! Elle vous invite à rejoindre l’artiste dans son « moment présent » qui lui a suggéré la forme, la couleur et le mouvement du trait imprimé pour l’éternité sur son support. Peu importe que ce soit du dessin, de la peinture, de la sculpture, de la céramique ou de l’architecture. Peut importe que ce soit une installation bizarroïde, une cérémonie ancestrale, de la danse, un repas gastronomique ou un concert, tous exceptionnels de techniques, de recherche, de nouveauté. Peut importe que ce soit beau, ou extrêmement rebutant, puisque l’art abstrait n’est pas de la décoration, ni du loisir, mais le langage fondamental de votre « moi ». L’acte fondateur de l’impression du moment qui se fige pour l’éternité est la seule raison d’être de l’œuvre qui vous parle, vous parlera et vous survivra.
Pour l’admirer ou participer à sa construction, il faut donc se mettre en phase avec l’œuvre qui n’est que le trait d’union entre vous-même et l’âme de l’artiste… et alors ressentirez-vous peut-être ce bonheur, cette souffrance, cette question ou affirmation, en tout cas ce moment de vie intense que vous offrent comme un cadeau éternel, l’œuvre ou l’artiste devenu, pour vous seul à ce moment, vos uniques interlocuteurs… L’art abstrait est un moyen de communication fondamental, qui permet ainsi à l’homme de se perpétuer et d’assurer la transmission de sa connaissance intime au cours de l’évolution de l’humanité. Il touche à la trame de l’âme, à la compréhension du temps, à la construction de l’avenir… Il est, au contraire de l’art figuratif classique et moderne, mémoire fondamentale du temps passé, la vision du futur éternel puisque créé sur des impressions immuables qui ont existées, qui existent et existeront toujours pour l’éternité du temps humain… L’art abstrait, qui reflète le plus profond de l’âme, est sans aucun doute la clé de la compréhension de la vie… C’est pour cette raison qu’il est si difficile d’y avoir accès, de supprimer les censures personnelles à son encontre, de le laisser pénétrer notre intimité. Les plus grands maîtres de l’art abstrait ont tous suivi auparavant un parcours classique, et ce n’est souvent qu’après avoir épuisé les sensations de la représentation du concret qu’ils ont voulues et pu accéder, tout naturellement, au cours de leurs découvertes profondes des secrets de la vie, à ce langage si pur et si profond... comme un retour aux sources, souvenir du début et de la raison des temps…
L’histoire de l’art nous le prouvera, qui commença l’abstrait dès le début, il y a 25 000 ans avec la reproduction d’une main en négatif sur les murs des grottes préhistoriques, après s’être envolé 2000 ans auparavant en passant par les Vénus de la fécondité du paléolithique aux extraordinaires figures sculptés des Cyclades, il y a 4000 ans, aussi modernes et pures que les plus belles statues de Modigliani, Picasso ou Braque au XXème siècle.
Même les plus grands Maîtres de la peinture classique comme INGRES, arriveront à déformer les corps, pour aller au-delà de la réalité, et truffant leurs toiles d’innombrables symboles, ils nous parlent encore et toujours aujourd’hui de leur état d’âme à l’instant créateur. Tout ceci et bien d’autres choses encore, avec votre aide, par le biais de cette Fondation, je l’espère, nous permettra de ressentir ce bonheur d’effleurer pour quelques instant les prémices des secrets de la vie…
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« XXème siècle : La philosophie est Morte ! » « XXIème siècle : Vive l’art contemporain ! »
La philosophie du XXème siècle s’interroge et doute de sa raison d’être. Les catastrophes de ce siècle n’ont pas seulement atteint la philosophie dans leur propre vie, mais elles ont aussi et surtout ébranlé durablement la foi dans le pouvoir affectif de la raison. Dès lors, la philosophie n’ose plus tenter une réconciliation susceptible de dépasser la division qui se produit au niveau de la pensée. Elle propage plutôt, à travers les nombreuses voix de ses représentants, sa propre abdication, que ce soit au profit de l’art, de la science ou de la politique…
…Paradoxalement, cet auto reniement s’accompagne d’une « scientifisation» exemplaire de la philosophie. Il n’y eu jamais dans le passé autant que maintenant de personnes à exercer la philosophie sur un plan professionnel dans les universités du monde entier et jamais n’a-t-on vu une pareille différenciation entre les disciplines à l’intérieur de la philosophie…
…Suite à l’histoire bouillonnante du XXème siècle, la philosophie tente de faire face aux bouleversements de l’époque. Les certitudes du rationalisme et du positivisme sont remises en question. De nouveaux thèmes sont au centre de l’interrogation philosophique : la vie, le langage et la société.
… Jean Paul Sartre (1905-1980) est le fondateur d’une conception du monde existentialiste qui pose l’existence comme précédent l’essence. L’ « égo » n’est pas dans la conscience. Il est en dehors, dans le monde où il trouve sont lieu d’existence. Conformément à sa constitution ontologique, l’homme n’a pas vocation à être quelque chose de précis, il lui faut lui-même se donner une nature en agissant dans le monde…
Les peintres, les sculpteurs, les écrivains se détachent dès la fin du XIXème siècle de la réalité des choses… Le XXème siècle a alors été perçu comme une folle accélération et de dissolution d’une perspective unifiée sur le monde. Ces deux tendances, qui ne laissent pas la philosophie intacte, s’expriment surtout dans le cubisme. La perspective y est brisée en une infinité de perspectives différentes qui restent juxtaposées et se fondent plus en une image d’ensemble… acceptation de la dynamisation du progrès scientifique (positivisme) en refusant la pluralité des modes de connaissance, ou considération du progrès comme une fatalité malheureuse…
Les grands thèmes des peintres, des sculpteurs, des écrivains, tournent alors autour des questions intérieures de l’être. A la frontière entre mort et hasard, culpabilité et lutte, l’homme s’aperçoit qu’il lui est impossible de s’en remettre à quoi que ce soit dans le monde. Il subsiste toujours un fossé ultime entre le sujet et l’objet. Il est trop facile de se masquer les yeux face à l’inéluctable de l’échec et de se consoler à coup de phantasmes religieux ou idéologiques… Dès lors, c’est surtout dans une attitude d’attention aimante en faveur des autres, dans une communication existentielle, que l’homme peut saisir l’occasion de se trouver lui-même. (Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir, l’existentialisme)...
Faute de pouvoir répondre à la question fondamentale, après 5 000 ans d’existence, la philosophie se saborde au milieu des théories contradictoires qui la font tourner en rond. L’art est alors le support de cette nouvelle recherche fondamentale sur l’origine et la raison d’être de « soi »… Les artistes comme Picasso, Popova, Hans Harp, Dali, Chagall, Munch, Van Gogh, Giacometti, Magritte, Moore et tous les grands noms de l’art moderne en général, ont été les découvreurs de cette nouvelle intercommunication entre l’homme et son essence, perpétuée de nos jours par les artistes contemporains.
Devant une œuvre contemporaine, l’homme se retrouve plongé, s’il en a les clés, au plus profond de son ressentir. Les questions se bousculent, les réponses aussi… pas toutes, mais sensuellement exprimées, personnellement absorbées, honnêtement pressenties…Le monde extérieur n’exerce plus d’influence, l’ «être ou ne pas être», peut alors prendre son véritable sens, sans mots savants, sans fioriture, juste entre l’ «existant» et soi…
Marc Lesnay
(Bib. «L’histoire De La philosophie…» édition place des Victoires (Paris)